What's wrong with me? ou Des conventions sociales
Je m'étais déjà étendue sur le sujet du mariage et, presque 4 mois après la cérémonie, ma position n'a pas changé mais, heureusement, le fait d'avoir la bague au doigt n'a pas révolutionné ma vie, à part peut-être aux yeux des autres et ça m'agace. Moi j'aimais bien vivre "dans le péché", mais bon, au moins l'honneur est sauf on ne s'est pas mariés à l'église (désolée maman) donc techniquement on peut avoir l'illusion d'y être encore, dans le péché... ouf!
Par contre, une fois que vous êtes mariés, les gens n'ont qu'une chose en tête : "Alors le bébé c'est pour quand?". Ben oui, on se marie, on procrée, c'est l'ordre "normal" des choses, même si certains maintenant font l'inverse et qu'il serait plus exact de dire "on est en couple (homo ou hétéro soit dit en passant), on procrée"....
Et encore, nous, on s'en va à l'autre bout du monde, donc on nous épargne les questions du style "Et la maison? et le chien? et le deuxième?", etc.
Mais pas d'inquiétude, ils savent s'adapter pour retomber sur leurs pattes: "Alors, vous allez nous ramener un petit Canadien?".
Avec deux naissances récentes (août et novembre) chez mes 2 frères, je pensais avoir gagné un délai et qu'on allait me laisser tranquille. Que nenni! C'était bien mal connaître les mécanismes qui accompagnent la naissance d'un enfant... Envie de partager les sensations (oui, les futurs et nouveaux parents aimeraient que tout le monde partage leur bonheur) ou anticipation du temps qui passe trop vite et de la nécessité d'avoir quelqu'un pour prendre la relève et faire un nouveau nouveau-né qui va lui aussi grandir trop vite, je ne sais pas....
Pourtant, si on y réfléchit, ce serait LA question à éviter par excellence, le fameux "Et le bébé?".
Hypotèse 1 : quand vous essayez d'en faire un, c'est déprimant parce que si vous n'y arrivez pas, c'est pas faute d'essayer alors si on pouvait éviter de vous le rappeler, ce serait sympa merci.
Hypothèse 2 : quand on vous la pose alors que la dernière de vos préoccupations c'est de faire un môme (ou que la première de vos préoccupations, c'est justement de ne pas faire un môme, surtout pas là tout de suite), c'est énervant. Bon ça va, on peut s'en sortir en disant "Pas tout de suite" accompagné d'un sourire et en général ça met un terme à la conversation.
[NB: Pour celles et ceux qui veulent des enfants, passez votre chemin. ;-) ]
En revanche, il est hors de question d'envisager ne serait-ce qu'un instant d'expliquer que "Oui, les bébés c'est mignon chez les autres, mais pas trop longtemps et bof non c'est pas trop mon truc. Et je ne comprends pas trop l'intérêt des nourrissons (oui c'est dingue ça change de jour en jour mais bon, faut être réaliste, ça ne fait rien à proprement parler à part têter, ouvrir et fermer les yeux et la bouche) ; et après d'accord ça grandit ça devient interactif mais ça devient chiant aussi, puis ensuite ça devient ado n'en parlons pas... et après il lui faut encore galérer à faire des études, à trouver un boulot et à trimer toute sa vie en espérant avoir de quoi partir un peu en vacances, acheter une maison et oeuvrer à son tour (pour peu qu'il/elle ait réussi à trouver "chaussure à son pied") à la reproduction de l'espèce humaine, qui on ne sait pas d'ici là se sera peut-être autodétruite dans l'explosion d'un grand collisionneur de particules ou noyée à cause du réchauffement climatique, la fonte des glaces tout ça... Et enfin pour finir par mourir d'un accident de la route ou d'un cancer en étant atteint d'Alzheimer".
Hum, mouais, je sais, j'ai un problème... Je crois que je suis trop pessimiste pour avoir un môme, ou alors un déprimé... on s'entendrait bien mais ce ne serait pas lui faire un cadeau... Pourtant au quotidien, je suis plutôt du genre optimiste à croire que tout va finir par bien se goupiller mais là non. Le truc, c'est peut-être justement que je suis trop cérébrale.
Y'a des gens qui savent qu'ils en veulent, ce n'est pas rationnel, juste, ils savent, et je comprends que certains n'envisagent pas d'être heureux sans enfant(s). D'autres savent qu'ils n'en veulent pas. Ils ont de la chance, au moins ils ont des certitudes. Ben moi, je ne sais pas, alors je me pose des questions et là, c'est le drame. Parce que si on pose les arguments "pour" et "contre" avoir un enfant, je suis désolée, mais c'est le "contre" qui gagne (cf. ci-dessus entre autres). Alors certes, je vais peut-être vieillir seule mais faire un môme juste pour ne pas être seule, ça me paraît un peu égoïste. Après il y a tous les arguments sur l'amour, le petit être plus important que soi-même blabla tout ça mais ça ne me suffit pas. Et puis quand on a un enfant, on passe son temps à s'inquiéter et je n'ai pas besoin de ça pour avoir déjà tendance à faire de l'hypertension et à ne pas dormir (oui j'ai l'air zen comme ça...).
Ce discours n'est pas très acceptable socialement parlant et quand on n'est pas sûre de vouloir des enfants (ou sûre de ne pas en vouloir), on se pose d'autres questions: qu'est-ce qui ne va pas chez moi? N'ai-je pas d'instinct maternel (qui n'est de toutes façons pas inné pour beaucoup de personnes paraît-il)? Suis-je juste trop froide et sans coeur pour rester insensible à cette si belle chose qu'est la maternité? Ne suis-je donc pas "normale"? Si j'ai des enfants un jour, est-ce parce que je vais "céder" à la pression sociale ou parce que j'en aurais réellement et profondément envie? Peut-on résister à cette pression sociale ou finit-on par rentrer dans le rang? Et je suis d'accord avec les gens qui me disent qu'il vaut mieux les faire tant qu'on est jeune, les enfants, mais le problème c'est que je ne suis pas partie pour... Faut-il en faire quand même alors? Vais-je regretter de ne pas m'être décidée plus tôt? Et si je me décide trop tard?
P***, c'est chiant les balances (le signe astrologique), ça n'arrive jamais à se décider ;-). Et puis je réfléchis trop, c'est ce que je disais...
En plus, même si vous affirmez que vous n'en voulez pas, si vous avez moins de 40 ans (progrès de la médecine oblige), les gens restent convaincus que vous allez forcément changer d'avis. Et puis il y a tellement de couples qui essaient mais n'y arrivent pas disent-ils... Certes, je suis triste pour eux mais je ne vois pas le rapport, ce n'est pas parce que moi j'en aurais que ça arrangerait la situatuib. Sauf d'un point de vue strictement comptable pour le taux de natalité...
Moi je dis qu'il faut être sacrément courageux pour être sûr de soi sur ce sujet-là car c'est l'une des "normes" sociales les durement ancrées dans la tête des gens, consciemment ou non. Nécessité naturelle au départ pour la survie de l'espèce, l'homme a mis dans la reproduction autre chose et c'est ça qui pèse. Si la contraception a fait évoluer les esprits sur les rapports sexuels, ça n'a rien changé sur le "devoir naturel" et le (pré-)supposé désir de procréation, surtout quand on est une femme (désolée pour les hommes qui ne rêvent que d'être père, ils seront toujours désavantagés)... Et c'est violent de "casser" le rêve de la famille, notamment des parents qui deviennent grands-parents et sont aux anges à chaque naissance, en leur affirmant que de votre côté c'est pas la peine d'y compter.
Voilà, c'est un fait, même entourée de deux petites nièces toutes craquantes et d'un neveu adorable, mon "instinct maternel" ne se réveille pas. Je les aime beaucoup et je me porte volontaire avec enthousiasme pour leur donner le biberon ou jouer avec mais je ne me dis pas "Vivement que j'en aie à moi", être "super Tatie" ça me va bien ;-). Mais bon, on ne sait pas ce que nous réserve l'avenir et peut-être relirai-je cet article dans 10 ans, si ce blog existe encore, en me trouvant bien naïve...
En attendant, toutes ces naissances m'ont quelque peu traumatisée comme en témoigne ce long billet égocentré mais je ne voudrais pas vous décourager : faites des gosses! (je vous ai dit, chez les autres j'aime bien, et puis comme ça je ne me sentirai pas obligée d'oeuvrer pour la perpétuation de l'espèce et ma décision ne sera pas parasitée ;-) )
Par contre, une fois que vous êtes mariés, les gens n'ont qu'une chose en tête : "Alors le bébé c'est pour quand?". Ben oui, on se marie, on procrée, c'est l'ordre "normal" des choses, même si certains maintenant font l'inverse et qu'il serait plus exact de dire "on est en couple (homo ou hétéro soit dit en passant), on procrée"....Et encore, nous, on s'en va à l'autre bout du monde, donc on nous épargne les questions du style "Et la maison? et le chien? et le deuxième?", etc.
Mais pas d'inquiétude, ils savent s'adapter pour retomber sur leurs pattes: "Alors, vous allez nous ramener un petit Canadien?".
Avec deux naissances récentes (août et novembre) chez mes 2 frères, je pensais avoir gagné un délai et qu'on allait me laisser tranquille. Que nenni! C'était bien mal connaître les mécanismes qui accompagnent la naissance d'un enfant... Envie de partager les sensations (oui, les futurs et nouveaux parents aimeraient que tout le monde partage leur bonheur) ou anticipation du temps qui passe trop vite et de la nécessité d'avoir quelqu'un pour prendre la relève et faire un nouveau nouveau-né qui va lui aussi grandir trop vite, je ne sais pas....
Pourtant, si on y réfléchit, ce serait LA question à éviter par excellence, le fameux "Et le bébé?".
Hypotèse 1 : quand vous essayez d'en faire un, c'est déprimant parce que si vous n'y arrivez pas, c'est pas faute d'essayer alors si on pouvait éviter de vous le rappeler, ce serait sympa merci.
Hypothèse 2 : quand on vous la pose alors que la dernière de vos préoccupations c'est de faire un môme (ou que la première de vos préoccupations, c'est justement de ne pas faire un môme, surtout pas là tout de suite), c'est énervant. Bon ça va, on peut s'en sortir en disant "Pas tout de suite" accompagné d'un sourire et en général ça met un terme à la conversation.
[NB: Pour celles et ceux qui veulent des enfants, passez votre chemin. ;-) ]
En revanche, il est hors de question d'envisager ne serait-ce qu'un instant d'expliquer que "Oui, les bébés c'est mignon chez les autres, mais pas trop longtemps et bof non c'est pas trop mon truc. Et je ne comprends pas trop l'intérêt des nourrissons (oui c'est dingue ça change de jour en jour mais bon, faut être réaliste, ça ne fait rien à proprement parler à part têter, ouvrir et fermer les yeux et la bouche) ; et après d'accord ça grandit ça devient interactif mais ça devient chiant aussi, puis ensuite ça devient ado n'en parlons pas... et après il lui faut encore galérer à faire des études, à trouver un boulot et à trimer toute sa vie en espérant avoir de quoi partir un peu en vacances, acheter une maison et oeuvrer à son tour (pour peu qu'il/elle ait réussi à trouver "chaussure à son pied") à la reproduction de l'espèce humaine, qui on ne sait pas d'ici là se sera peut-être autodétruite dans l'explosion d'un grand collisionneur de particules ou noyée à cause du réchauffement climatique, la fonte des glaces tout ça... Et enfin pour finir par mourir d'un accident de la route ou d'un cancer en étant atteint d'Alzheimer".
Hum, mouais, je sais, j'ai un problème... Je crois que je suis trop pessimiste pour avoir un môme, ou alors un déprimé... on s'entendrait bien mais ce ne serait pas lui faire un cadeau... Pourtant au quotidien, je suis plutôt du genre optimiste à croire que tout va finir par bien se goupiller mais là non. Le truc, c'est peut-être justement que je suis trop cérébrale.
Y'a des gens qui savent qu'ils en veulent, ce n'est pas rationnel, juste, ils savent, et je comprends que certains n'envisagent pas d'être heureux sans enfant(s). D'autres savent qu'ils n'en veulent pas. Ils ont de la chance, au moins ils ont des certitudes. Ben moi, je ne sais pas, alors je me pose des questions et là, c'est le drame. Parce que si on pose les arguments "pour" et "contre" avoir un enfant, je suis désolée, mais c'est le "contre" qui gagne (cf. ci-dessus entre autres). Alors certes, je vais peut-être vieillir seule mais faire un môme juste pour ne pas être seule, ça me paraît un peu égoïste. Après il y a tous les arguments sur l'amour, le petit être plus important que soi-même blabla tout ça mais ça ne me suffit pas. Et puis quand on a un enfant, on passe son temps à s'inquiéter et je n'ai pas besoin de ça pour avoir déjà tendance à faire de l'hypertension et à ne pas dormir (oui j'ai l'air zen comme ça...).
Ce discours n'est pas très acceptable socialement parlant et quand on n'est pas sûre de vouloir des enfants (ou sûre de ne pas en vouloir), on se pose d'autres questions: qu'est-ce qui ne va pas chez moi? N'ai-je pas d'instinct maternel (qui n'est de toutes façons pas inné pour beaucoup de personnes paraît-il)? Suis-je juste trop froide et sans coeur pour rester insensible à cette si belle chose qu'est la maternité? Ne suis-je donc pas "normale"? Si j'ai des enfants un jour, est-ce parce que je vais "céder" à la pression sociale ou parce que j'en aurais réellement et profondément envie? Peut-on résister à cette pression sociale ou finit-on par rentrer dans le rang? Et je suis d'accord avec les gens qui me disent qu'il vaut mieux les faire tant qu'on est jeune, les enfants, mais le problème c'est que je ne suis pas partie pour... Faut-il en faire quand même alors? Vais-je regretter de ne pas m'être décidée plus tôt? Et si je me décide trop tard?
P***, c'est chiant les balances (le signe astrologique), ça n'arrive jamais à se décider ;-). Et puis je réfléchis trop, c'est ce que je disais...
En plus, même si vous affirmez que vous n'en voulez pas, si vous avez moins de 40 ans (progrès de la médecine oblige), les gens restent convaincus que vous allez forcément changer d'avis. Et puis il y a tellement de couples qui essaient mais n'y arrivent pas disent-ils... Certes, je suis triste pour eux mais je ne vois pas le rapport, ce n'est pas parce que moi j'en aurais que ça arrangerait la situatuib. Sauf d'un point de vue strictement comptable pour le taux de natalité...
Moi je dis qu'il faut être sacrément courageux pour être sûr de soi sur ce sujet-là car c'est l'une des "normes" sociales les durement ancrées dans la tête des gens, consciemment ou non. Nécessité naturelle au départ pour la survie de l'espèce, l'homme a mis dans la reproduction autre chose et c'est ça qui pèse. Si la contraception a fait évoluer les esprits sur les rapports sexuels, ça n'a rien changé sur le "devoir naturel" et le (pré-)supposé désir de procréation, surtout quand on est une femme (désolée pour les hommes qui ne rêvent que d'être père, ils seront toujours désavantagés)... Et c'est violent de "casser" le rêve de la famille, notamment des parents qui deviennent grands-parents et sont aux anges à chaque naissance, en leur affirmant que de votre côté c'est pas la peine d'y compter.
Voilà, c'est un fait, même entourée de deux petites nièces toutes craquantes et d'un neveu adorable, mon "instinct maternel" ne se réveille pas. Je les aime beaucoup et je me porte volontaire avec enthousiasme pour leur donner le biberon ou jouer avec mais je ne me dis pas "Vivement que j'en aie à moi", être "super Tatie" ça me va bien ;-). Mais bon, on ne sait pas ce que nous réserve l'avenir et peut-être relirai-je cet article dans 10 ans, si ce blog existe encore, en me trouvant bien naïve...
En attendant, toutes ces naissances m'ont quelque peu traumatisée comme en témoigne ce long billet égocentré mais je ne voudrais pas vous décourager : faites des gosses! (je vous ai dit, chez les autres j'aime bien, et puis comme ça je ne me sentirai pas obligée d'oeuvrer pour la perpétuation de l'espèce et ma décision ne sera pas parasitée ;-) )
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