Vancouveeeeer, ton univers impitoya-a-bleuh
Alors que j'avalais tranquillement mon déjeuner ce midi avant de prendre la route du boulot, je reçois un SMS de mon patron disant: "Bonjour Catherine, mauvaise nouvelle, je ne peux pas te garder. Le siège de la société vient de m'appeler. Appelle-moi si tu as des questions. Désolé".
Rien de grave, ne vous inquiétez pas, je dois dire que ça ne me fait ni chaud ni froid... Enfin si, je suis plutôt contente. en fait.. Ironie du sort, j'avais longuement hésité hier matin à lui dire "J'arrête, c'était sympa, bye bye". Mais embarquée avec les collègues et ennuyée par la perspective de ne plus avoir de revenus (enfin à 8$ de l'heure, trimer 8h par jour, ça frise l'exploitation, limite le bénévolat), j'avais remis cette tâche à plus tard. Ca faisait quelques jours que j'avais recontacté les agences d'intérim et, si j'avais décroché un boulot avant qu'il ne me vire, je lui aurais fait le même coup donc sans rancune, Kevin (oui, il s'appelle vraiment Kevin).
Même si j'aurais préféré démissionner, histoire de, mon ego n'en a même pas pris un coup, ça fait quelques semaines que je suis arrivée à la même conclusion qu'eux, que je ne suis pas faite pour vendre des enfants au porte à porte, je suis trop gentille avec les gens... et que donc il m'étais difficile, voire impossible, d'avoir un salaire correct et de progresser dans la société, devenir manager/gérant et "faire beaucoup d'argent" (en même temps, j'en avais pas très envie non plus, la pyramidale c'est pas mon truc). Au moins, le coup du SMS, ça m'a évité de gâcher un ticket de bus et 1h30 de mon temps (trajet aller/retour pour aller là-bas) pour me l'entendre dire de vive voix... là, j'aurais été franchement mécontente.
Et depuis les 2 mois que je travaillais pour eux, j'en avais vu pas mal défiler, je connaissais les us et coutumes... Virés avant de commencer la journée de travail le lundi (mais alors qu'ils étaient venus dans les bureaux) ou après avoir terminé la journée du jeudi, ou encore un mercredi en plein milieu d'après-midi. J'aimerais bien connaître le taux de turn-over, histoire de rire. Ca doit être dur pour ceux qui restent... Déjà que ça m'ennuyais profondément d'avoir de nouveaux stagiaires tous les 2 ou 3 mois, de tout leur réapprendre, etc, je n'imagine pas ce que ça donne quand vous changez de collègues tous les 2 ou 3 jours!
En général, on évite de parler de ceux qui "disparaissent" du jour au lendemain., il y a comme une loi du silence. Personne ne demande ce qui s'est passé car tout le monde sait et personne ne veut déprimer son interlocuteur en lui rappelant que l'épée de Damoclès plane au-dessus de toutes les têtes, surtout celles qui ne font pas assez de chiffre. Personne ne demande de nouvelles non plus. Mais bon, moi je suis Française, alors je pose des questions: "Où est Lily? Vous avez dû la laisser partir?" ("You had to let her go", formule politiquement correcte pour dire "vous l'avez virée"/"she got fired") ;"Euh, on passe pas récupérer Tom?", "Non, il a été renvoyé chez lui dans l'après-midi", "Ah ok..." (bon, ayant vu comment il se comportait la veille, il l'avait probablement mérité).
Ce qui est amusant, c'est que, justement, hier soir, David me racontait comment une de ses collègues s'était fait virer la veille en 30 secondes chrono ("Au fait, pas la peine de revenir demain") et comment un autre était parti en pause déjeuner et n'était jamais revenu... Commentaire du manager, pas plus choqué que ça: "Bof, il ne reviendra sûrement pas, il a dû démissionner".
Ici on est en Amérique du Nord, pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple? Ca a aussi ses avantages...Rien de grave, ne vous inquiétez pas, je dois dire que ça ne me fait ni chaud ni froid... Enfin si, je suis plutôt contente. en fait.. Ironie du sort, j'avais longuement hésité hier matin à lui dire "J'arrête, c'était sympa, bye bye". Mais embarquée avec les collègues et ennuyée par la perspective de ne plus avoir de revenus (enfin à 8$ de l'heure, trimer 8h par jour, ça frise l'exploitation, limite le bénévolat), j'avais remis cette tâche à plus tard. Ca faisait quelques jours que j'avais recontacté les agences d'intérim et, si j'avais décroché un boulot avant qu'il ne me vire, je lui aurais fait le même coup donc sans rancune, Kevin (oui, il s'appelle vraiment Kevin).
Même si j'aurais préféré démissionner, histoire de, mon ego n'en a même pas pris un coup, ça fait quelques semaines que je suis arrivée à la même conclusion qu'eux, que je ne suis pas faite pour vendre des enfants au porte à porte, je suis trop gentille avec les gens... et que donc il m'étais difficile, voire impossible, d'avoir un salaire correct et de progresser dans la société, devenir manager/gérant et "faire beaucoup d'argent" (en même temps, j'en avais pas très envie non plus, la pyramidale c'est pas mon truc). Au moins, le coup du SMS, ça m'a évité de gâcher un ticket de bus et 1h30 de mon temps (trajet aller/retour pour aller là-bas) pour me l'entendre dire de vive voix... là, j'aurais été franchement mécontente.
Et depuis les 2 mois que je travaillais pour eux, j'en avais vu pas mal défiler, je connaissais les us et coutumes... Virés avant de commencer la journée de travail le lundi (mais alors qu'ils étaient venus dans les bureaux) ou après avoir terminé la journée du jeudi, ou encore un mercredi en plein milieu d'après-midi. J'aimerais bien connaître le taux de turn-over, histoire de rire. Ca doit être dur pour ceux qui restent... Déjà que ça m'ennuyais profondément d'avoir de nouveaux stagiaires tous les 2 ou 3 mois, de tout leur réapprendre, etc, je n'imagine pas ce que ça donne quand vous changez de collègues tous les 2 ou 3 jours!
En général, on évite de parler de ceux qui "disparaissent" du jour au lendemain., il y a comme une loi du silence. Personne ne demande ce qui s'est passé car tout le monde sait et personne ne veut déprimer son interlocuteur en lui rappelant que l'épée de Damoclès plane au-dessus de toutes les têtes, surtout celles qui ne font pas assez de chiffre. Personne ne demande de nouvelles non plus. Mais bon, moi je suis Française, alors je pose des questions: "Où est Lily? Vous avez dû la laisser partir?" ("You had to let her go", formule politiquement correcte pour dire "vous l'avez virée"/"she got fired") ;"Euh, on passe pas récupérer Tom?", "Non, il a été renvoyé chez lui dans l'après-midi", "Ah ok..." (bon, ayant vu comment il se comportait la veille, il l'avait probablement mérité).
Ce qui est amusant, c'est que, justement, hier soir, David me racontait comment une de ses collègues s'était fait virer la veille en 30 secondes chrono ("Au fait, pas la peine de revenir demain") et comment un autre était parti en pause déjeuner et n'était jamais revenu... Commentaire du manager, pas plus choqué que ça: "Bof, il ne reviendra sûrement pas, il a dû démissionner".
Et puis je pense avoir toutes les capacités pour trouver rapidement un boulot mieux payé et avec des horaires normaux en intérim, donc je ne m'inquiète pas plus que ça (ça viendra peut-être)...
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