Coup d'oeil dans le rétro: merci Nicolas!
Avril 2007, élection présidentielle : on a le choix entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal au second tour et on n'est pas dans la m***. En plaisantant à moitié, je dis à mon chéri, qui approuve immédiatement : « Si c'est Nicolas, on émigre ! Et si c'est Ségolène, ben, on émigre aussi mais on peut attendre un peu plus longtemps ». Un peu plus d'un an après, ce qui n'était qu'une boutade va devenir réalité et on prépare un départ au Canada avec le programme PVT...
Certes, tout n'est pas lié à notre cher président mais quand on réfléchit à l'année écoulée au rythme de ses frasques conjugales, de ses visites officielles à l'étranger où il pique des stylos à nos amis roumains et emmène ses copains « people », de sa manie de « punir » ses ministres à l'occasion de ces mêmes voyages, de sa propension à se mêler de tout, même (surtout?) de ce qui ne le regarde pas et de ses idées-géniales-exprimées-à-voix-haute-dont-il-faut-faire-une-loi-là-maintenant-tout-de-suite (Guy Môquet, la suppression de la pub sur les chaînes publiques, etc.), eh bien, tout ça a fini de nous convaincre qu'il était temps de partir au moins jusqu'en 2012. Comme beaucoup de jeunes, on a envie d'aller voir ailleurs, d'expérimenter le modèle nord-américain (sans les inconvénients des Etats-Unis) et de se laisser bercer par « l'American Dream » version canadienne, de quitter cette France sclérosée et dépressive... peut-être n'est-ce que pour mieux en comprendre les richesses, pour ressentir un manque et mieux la retrouver et l'apprécier d'ici quelques années ? L'avenir nous le dira... Malgré tout cela, nous partons pour construire quelque chose, notre vie au moins, et non pour fuir. Toutes les expériences sont bonnes à prendre, tout ne sera pas rose là-bas, les galères, la routine qui s'installe, la famille et les amis à des milliers de kilomètres mais on aura essayé, réussi peut-être (mais quoi?), et en tout cas eu le sentiment de prendre notre vie en main... Pour ne pas chanter comme Johnny « J'ai oublié de vivre » quand on sera vieux...
Tous deux avides de découvrir le monde, tout justes revenus (mentalement si ce n'est physiquement) de notre périple indien, nous nous apprêtons à réaliser un rêve (découvrir le continent nord-américain) auquel nous n'avions même jamais osé rêvé tant il paraissait irréaliste d'un strict point de vue matériel... Mais quand on veut, et que les circonstances sont favorables, on peut!